AirSaas est le seul outil de ce comparatif à facturer 60 € par projet actif et par mois, sans aucune licence utilisateur. Le modèle mérite qu’on s’y arrête : quand vous arrêtez un projet mort, votre facture baisse. C’est cohérent avec le positionnement de cette jeune société toulousaine, qui ne vend pas un outil de tâches mais un système d’arbitrage pour DSI, articulé autour de son Quarter Plan. Voici ce qu’il vaut en 2026, pour qui, et ce que l’éditeur ne dit pas.
Alternatives à AirSaas
Trois plateformes plus généralistes, à considérer si votre besoin est l’exécution des projets plutôt que leur arbitrage.
Pour les outils spécialisés sur le portefeuille, voyez notre comparatif des logiciels de gestion de portefeuille de projets.
Présentation d’AirSaas

La page d’accueil d’AirSaas, capturée en juillet 2026.
AirSaas est éditée par la société du même nom, immatriculée le 18 janvier 2021 et dont le siège est à Labège, dans la banlieue toulousaine. Bertran Ruiz en est le dirigeant identifié publiquement. La société est petite, autour d’une dizaine de personnes, mais elle a levé des fonds significatifs pour son âge : environ 10,4 millions d’euros en deux opérations annoncées, 2,4 millions en 2021 puis 8 millions en 2023, avec notamment Point Nine Capital et Foundamental.
Le positionnement ne laisse pas de place au doute. AirSaas ne cherche pas à remplacer votre outil de tâches. Il se place au-dessus, à l’endroit où une DSI décide quels projets lancer, lesquels arrêter, et avec quelles équipes. La promesse commerciale est d’ailleurs formulée en creux : faire aboutir un tiers de projets en plus, avec les mêmes ressources, en arrêtant les projets qui n’auraient pas dû continuer.
| Critère | AirSaas |
|---|---|
| Éditeur | AirSaas, société française créée en janvier 2021, siège à Labège (31) |
| Catégorie | Pilotage de portefeuille et gouvernance de projets de transformation |
| Cible principale | DSI et directions de transformation, ETI et grands comptes |
| Modèle tarifaire | 60 € HT par projet actif et par mois, utilisateurs illimités |
| Financement | Environ 10,4 M€ levés en 2021 et 2023 |
| Certification annoncée | ISO 27001 |
| Hébergement | Union européenne selon les conditions générales |
| Interface en français | Oui, éditeur français |
| Notre note | 7/10 |
À qui s’adresse AirSaas ?
Le profil idéal est un DSI ou un directeur de transformation qui pilote entre 20 et 60 projets et qui passe ses comités à collecter des états d’avancement au lieu de les arbitrer. La douleur visée est très précise : trop de projets lancés, pas assez terminés, une capacité d’équipe jamais confrontée à la liste des engagements.
AirSaas répond bien quand :
- la question centrale est « lesquels arrêter ? » et non « qui fait quoi cette semaine ? » ;
- le comité de direction doit voir un portefeuille consolidé, pas des tickets ;
- les équipes gardent leurs outils d’exécution, Jira ou autre, et qu’il faut une couche au-dessus ;
- l’accès doit être ouvert largement, jusqu’au comité de direction, sans compter les licences.
À qui il ne convient pas. Aux équipes qui cherchent un outil d’exécution : AirSaas ne remplacera ni votre Jira ni votre outil de tâches, et ce n’est pas son intention. Aux petites structures : à 60 € par projet, un portefeuille de dix projets coûte déjà 7 200 € par an, ce qui n’a de sens que si l’arbitrage porte sur des budgets bien supérieurs. Et à celles qui veulent comparer avant d’acheter, car les données publiques manquent, nous y revenons.
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Les fonctionnalités clés
1. Le Quarter Plan
C’est la signature du produit. Le Quarter Plan est un rituel d’arbitrage trimestriel : on met face à face la liste des projets souhaités et la capacité réelle des équipes, et on tranche. L’éditeur revendique un déploiement chez plus de cent DSI, ETI et grands groupes, et affiche une certification ISO 27001.

La page officielle du Quarter Plan, capturée en juillet 2026.
L’intérêt de la démarche dépasse l’outil : elle remplace une succession de comités de statut par une décision périodique documentée. C’est de la gestion de portefeuille au sens strict, pas du reporting.
2. Le capacity planning
La charge se lit par équipe et par trimestre, ce qui permet de confronter les ambitions au capacitaire disponible. C’est volontairement moins fin qu’un plan de charge à la personne et à la semaine : l’objet est d’arbitrer, pas d’affecter.
3. Le portefeuille et la comitologie
Vue consolidée des projets avec avancement, risques, budgets et gains attendus, notes de cadrage, remontées métiers structurées, et un kanban des décisions qui centralise ce qui a été tranché et par qui. Cette dernière brique est plus utile qu’il n’y paraît : dans la plupart des organisations, les décisions vivent dans des courriels et des comptes rendus dispersés.
4. Les roadmaps et le reporting
Feuilles de route partageables et tableaux de bord destinés aux instances de direction. Le reporting est automatisé à partir des données saisies, ce qui vise explicitement à supprimer la préparation manuelle des comités.
5. Les agents IA
L’éditeur annonce des agents IA inclus dans son offre. C’est là que la transparence s’arrête : ni les modèles utilisés, ni le périmètre des tâches automatisées, ni le traitement des données ne sont documentés publiquement. Traitez-les comme une promesse à faire démontrer en conditions réelles, pas comme une fonctionnalité acquise.
Les intégrations disponibles
AirSaas se présente comme une couche de pilotage au-dessus des outils d’exécution, avec des connecteurs et une place de marché orientés vers les outils de gestion de tâches et de ticketing. C’est cohérent avec le positionnement : les équipes restent dans leurs outils, la direction consolide ailleurs.
Le niveau de détail public reste toutefois faible. La liste exhaustive des connecteurs, leur profondeur de synchronisation et l’existence d’une API documentée ne sont pas exposées sur le site. Sur l’hébergement, les conditions générales indiquent des serveurs situés dans l’Union européenne, sans nommer le prestataire ni la région. Compte tenu de la cible, des DSI d’ETI et de grands comptes, ce sont des points à faire préciser en phase de consultation.
Prise en main et ergonomie
L’outil est conçu pour être ouvert largement, jusqu’au comité de direction, ce qui impose une interface lisible par des non-spécialistes. C’est la logique inverse d’un outil de chef de projet : peu de champs, des vues de synthèse, un rituel.
La vraie difficulté n’est pas l’outil, c’est la démarche. Adopter un arbitrage trimestriel suppose que la direction accepte d’arrêter des projets, ce qui est un sujet politique avant d’être un sujet logiciel. Un déploiement AirSaas réussi ressemble davantage à une conduite du changement qu’à une installation.
Ce que disent les utilisateurs
Il faut être direct : AirSaas n’a pas de base d’avis publics exploitable. Nous n’avons trouvé ni note ni volume d’avis vérifiables sur Capterra, G2 ou Appvizer au moment de notre relevé. Pour un éditeur qui a levé plus de dix millions d’euros et revendique plus de cent déploiements, c’est un angle mort.
Le site publie des témoignages signés de prénoms et de noms, ainsi que des chiffres frappants : huit projets arrêtés en moyenne dès le premier arbitrage, 80 % de réunions projet en moins après quatre mois. Ces indicateurs viennent de l’éditeur et ne sont pas auditables. Une enseigne est nommée, Leroy Merlin, et la société a été relayée par Alliancy, le Journal du Net, Le Monde Informatique et Le Point.
Notre conseil de méthode : demandez deux références clients de taille comparable à la vôtre et parlez-leur directement. Sur ce type d’achat, cela vaut mieux qu’une moyenne d’étoiles.
Tarifs d’AirSaas en 2026
Le modèle est le plus original de tous les outils que nous testons, et il est publié en clair, ce qui mérite d’être salué.
| Taille du portefeuille | Coût mensuel | Coût annuel | Ce qui est inclus |
|---|---|---|---|
| 10 projets actifs | 600 € HT | 7 200 € HT | Utilisateurs illimités, briques fonctionnelles, connecteurs, agents IA |
| 30 projets actifs | 1 800 € HT | 21 600 € HT | Idem, exemple donné par l’éditeur |
| 60 projets actifs | 3 600 € HT | 43 200 € HT | Idem |
Ce qu’il faut comprendre de ce modèle.
- Il n’y a aucune licence utilisateur : le chef de projet, le sponsor et le comité de direction accèdent tous à l’outil sans surcoût. C’est cohérent avec un produit de gouvernance, qui n’a d’intérêt que s’il est ouvert.
- L’alignement d’intérêts est réel : arrêter un projet fait baisser la facture. Peu d’éditeurs acceptent que leur revenu diminue quand le client fait le ménage.
- Le corollaire est qu’il faut définir précisément ce qu’est un projet actif avant de signer. Un portefeuille mal découpé peut doubler la facture.
- Ni essai gratuit ni offre d’entrée ne sont clairement documentés, et les coûts d’accompagnement relèvent du devis.
Avantages et inconvénients
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
| Modèle tarifaire aligné : arrêter un projet réduit la facture | Aucun avis public vérifiable sur Capterra, G2 ou Appvizer |
| Utilisateurs illimités, du chef de projet au comité de direction | Coût élevé pour un petit portefeuille : 7 200 € pour 10 projets |
| Quarter Plan : une démarche d’arbitrage, pas un simple tableau | Périmètre exact des connecteurs et de l’API peu documenté |
| Éditeur français, ISO 27001, hébergement annoncé dans l’UE | Agents IA annoncés sans aucun détail technique |
| Kanban des décisions, rare et utile en gouvernance | Ne remplace pas un outil d’exécution |
| Financement solide pour un éditeur de cette taille | Société jeune et petite pour une cible grands comptes |
Notre avis sur AirSaas
AirSaas fait un pari intéressant : le problème des DSI n’est pas de mieux suivre les projets, c’est d’en lancer moins. Tout le produit découle de là, jusqu’au modèle tarifaire, qui est le plus honnête que nous ayons vu sur ce segment. Facturer au projet actif plutôt qu’à l’utilisateur, c’est accepter de gagner moins quand le client fait le ménage, et c’est rare.
Sur le fond, le Quarter Plan et le capacitaire répondent à une vraie douleur, et le kanban des décisions comble un manque que la plupart des outils ignorent. Pour une DSI qui gère quarante projets et passe ses comités à écouter des états d’avancement, la promesse est crédible.
Les réserves portent moins sur le produit que sur ce qu’on peut vérifier. Aucune note publique, aucun corpus d’avis, des chiffres de performance qui viennent tous de l’éditeur, une IA annoncée sans documentation, et une société de dix personnes qui adresse des grands comptes. Rien de rédhibitoire, mais cela impose une diligence sérieuse : références clients directes, réversibilité des données et engagement de service au contrat.
Notre note : 7/10. Un positionnement juste et un modèle tarifaire exemplaire, freinés par une transparence insuffisante et un ticket d’entrée élevé.
En bref, AirSaas s’adresse à une DSI qui a décidé d’arrêter des projets, pas à une équipe qui cherche un outil de suivi. Faites chiffrer votre portefeuille réel avant la démonstration, et demandez à parler à deux clients de votre taille : c’est le seul contrôle disponible en l’absence d’avis publics.



