Zoho Projects fait partie de ces outils dont on parle peu et qui équipent pourtant des dizaines de milliers d’équipes. La raison est simple : à 4 $ par utilisateur et par mois, il propose un diagramme de Gantt avec chemin critique, un suivi du temps, des processus automatisés et un calcul de valeur acquise. Des fonctions que la plupart des concurrents facturent trois à cinq fois plus cher.
Le piège, avec Zoho, c’est ailleurs. L’éditeur indien conçoit chacune de ses applications comme la brique d’un ensemble plus vaste, et la valeur de Projects dépend beaucoup de ce que vous utilisez à côté. Nous avons refait ce test entièrement : ce que l’outil sait faire en 2026, sa grille tarifaire vérifiée sur la page officielle française, et les réserves que remontent ses 562 avis G2.
Alternatives à Zoho Projects
Présentation de Zoho Projects

Le site, les tarifs et le support sont intégralement traduits en français.
Zoho Projects est le module de gestion de projet de Zoho Corporation, éditeur indien qui publie aujourd’hui plus de cinquante applications professionnelles. C’est un point que l’on ne peut pas ignorer dans un test : Projects n’a pas été pensé comme un produit isolé, mais comme une pièce d’un système. Il se branche nativement sur Zoho CRM, Zoho Books, Zoho People ou Zoho Desk, et il fait partie de la suite Zoho One.
Fonctionnellement, l’outil couvre un périmètre large : tâches et sous-tâches, jalons, dépendances, diagramme de Gantt, feuilles de temps, gestion des anomalies, automatisations par processus, rapports et budgets. Là où beaucoup de concurrents réservent ce niveau de couverture à des formules à 25 ou 30 $, Zoho l’ouvre dès 4 $. C’est ce déséquilibre qui rend l’outil intéressant, et c’est aussi ce qui explique certains de ses défauts.
| Critère | Zoho Projects |
|---|---|
| Éditeur | Zoho Corporation (Inde) |
| Catégorie | Gestion de projet généraliste, orientée suite intégrée |
| Cible principale | PME et équipes déjà équipées d’applications Zoho |
| Prix d’entrée | 0 $ jusqu’à 5 utilisateurs, puis 4 $ par utilisateur et par mois |
| Minimum d’utilisateurs | Aucun |
| Essai gratuit | 15 jours, sans carte bancaire |
| Interface en français | Oui, parmi plus de 40 langues |
| Note G2 | 4,3/5 (562 avis) |
| Notre note | 8/10 |
À qui s’adresse Zoho Projects ?
Trois profils tirent un vrai bénéfice de cet outil.
Le premier, évident, ce sont les équipes déjà installées dans l’écosystème Zoho. Si votre commerce tourne sur Zoho CRM et votre comptabilité sur Zoho Books, brancher Projects vous donne une continuité que vous ne retrouverez nulle part ailleurs à ce prix : une affaire gagnée devient un projet, les heures saisies remontent en facture.
Le deuxième, ce sont les PME au budget contraint qui ont malgré tout besoin de méthode. Dépendances entre tâches, jalons, chemin critique, suivi du temps, budget : c’est l’attirail complet du chef de projet, à un tarif de logiciel d’entrée de gamme. Pour une équipe de dix personnes, comptez 480 $ par an sur la formule Premium.
Le troisième, ce sont les équipes techniques. Zoho Projects distingue les tâches des anomalies, avec un module de gestion des problèmes séparé et des connecteurs vers GitHub, GitLab, Bitbucket et Gitea.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez avant tout une interface élégante et immédiate. Zoho assume une densité d’information très élevée, avec des écrans chargés en colonnes, en filtres et en menus. C’est le premier reproche des utilisateurs, et il est fondé. Si votre équipe est allergique à la complexité visuelle, un outil comme monday.com ou une sélection de logiciels de gestion des tâches plus simples sera mieux accepté.
Les fonctionnalités clés de Zoho Projects
1. Le diagramme de Gantt et le chemin critique
C’est l’argument le plus fort de l’outil à ce niveau de prix.

Le Gantt affiche les dépendances entre tâches et met en évidence le chemin critique en rouge.
Le planning se lit à droite de la liste des tâches, sans changer d’écran. Les liaisons entre tâches apparaissent sous forme de flèches, et la ligne rouge du chemin critique signale les tâches dont le moindre retard décale la date de fin du projet. La colonne « jours restants » affiche directement la marge disponible sur chaque ligne, ce qui évite d’ouvrir un rapport pour comprendre où le projet est tendu.
2. Les vues Kanban et liste
Toutes les équipes ne pilotent pas au Gantt. Zoho Projects propose une vue Kanban avec des colonnes de statut personnalisables.

Les colonnes suivent le flux réel de l’équipe : Ouvert, En cours, Test, Recette, Fermé.
Le compteur affiché en tête de colonne, « Ouvert (20) », joue le rôle d’alerte visuelle sur les goulots d’étranglement. Chaque carte remonte le nom de la tâche, sa liste de rattachement, son échéance et son responsable.
3. La liste multi-projets

Une vue transverse qui agrège les tâches de plusieurs projets, avec statut, échéance et retard calculé.
Cette vue est celle que consultera un responsable qui suit plusieurs chantiers en parallèle. Elle illustre bien la philosophie de l’outil : beaucoup d’information par écran, au prix d’une lecture qui demande un temps d’adaptation. Le calcul automatique du retard, affiché en vert à droite, est le genre de détail qui manque à des outils bien plus chers.
4. Le suivi du temps et les feuilles de temps

Le temps se saisit directement dans la tâche, avec distinction du caractère facturable.
Chaque tâche porte un onglet dédié à la saisie des heures, avec un chronomètre, une distinction entre temps facturable et non facturable, et un champ de notes. Les saisies alimentent des feuilles de temps consolidées, exportables et connectables à Zoho Invoice ou Zoho Books pour la facturation. C’est un niveau d’intégration que les logiciels de time tracking dédiés atteignent rarement sans surcoût.
5. Les Blueprints et le calcul de valeur acquise
Deux fonctions moins visibles méritent d’être signalées, parce qu’elles n’ont pas d’équivalent à ce tarif.
Les Blueprints permettent de formaliser un processus sous forme d’états et de transitions : une tâche ne peut passer de « En développement » à « Livré » que si telle condition est remplie et telle personne a validé. C’est de la gouvernance de processus, pas du simple changement de statut.
Le second point, c’est la présence du calcul de valeur acquise (EVM) dès la formule Premium. Voir un indicateur issu du PMBOK dans un outil à 4 $ est suffisamment rare pour être noté.
À cela s’ajoute Zia, l’assistant d’intelligence artificielle maison, activable depuis la configuration du portail. Dans Projects, il gère la recherche conversationnelle, la rédaction de descriptions et de comptes rendus, la transcription vocale des commentaires, la suggestion de tâches liées et la traduction des contenus dans plus de 70 langues.
Les intégrations disponibles

L’annuaire s’ouvre logiquement sur les applications maison avant les connecteurs tiers.
L’annuaire raconte l’histoire du produit. La première catégorie proposée est « Zoho Apps », et elle est fournie : CRM, Books, Invoice, Analytics, People, Desk, Sprints, Meeting, WorkDrive, Mail, Cliq, Flow, Forms, Expense, Sign, Writer, Billing, Notebook. Si vous travaillez déjà avec l’un de ces outils, le raccordement est immédiat et sans frais. La connexion à Zoho CRM est la plus structurante : elle transforme une affaire signée en projet, ce qui en fait une option sérieuse pour qui compare les solutions de notre sélection de CRM.
Côté tiers, Zoho couvre l’essentiel sans chercher l’exhaustivité :
- Microsoft : Microsoft 365, Teams, Outlook Calendar, OneDrive, SharePoint, Excel et Microsoft Project
- Google : Agenda, Tasks, Sheets et Google Workspace Marketplace
- Stockage : Dropbox et Box
- Développement : GitHub, GitLab, Bitbucket et Gitea
- Communication : Slack et WhatsApp
- Migration : import depuis Jira Cloud et Basecamp
L’import depuis Microsoft Project mérite d’être souligné : c’est la porte de sortie la plus courante pour les organisations qui veulent quitter un planning de bureau sans repartir de zéro.
Prise en main et ergonomie
Il faut être direct : Zoho Projects ne se prend pas en main en une après-midi. Les avis convergent sur ce point, et nos captures le montrent. Chaque écran empile les colonnes, les filtres, les regroupements et les icônes. La logique est cohérente une fois comprise, mais elle ne se devine pas.
Deux facteurs aggravent la marche d’entrée. D’abord le vocabulaire propre à Zoho : portails, phases, listes de tâches, Blueprints, extensions. Ensuite la configuration, qui vit dans un panneau séparé où se règlent les champs personnalisés, les statuts, les rôles et les automatisations.
Comptez une à deux semaines pour qu’une équipe soit à l’aise, et davantage si vous exploitez les Blueprints. La contrepartie, c’est qu’une fois paramétré, l’outil demande peu d’entretien. Un dernier point de vigilance revient régulièrement : les temps de chargement se dégradent sur les gros projets, et l’application mobile est jugée plus lente que la version web.
Ce que disent les utilisateurs
Sur G2, Zoho Projects affiche 4,3/5 sur 562 avis, note relevée le 4 août 2026. Plus intéressant que la moyenne : la fréquence des thèmes cités, qui dessine un profil très net.
| Ce qui est loué | Avis | Ce qui est reproché | Avis |
|---|---|---|---|
| Suivi de projet simple et efficace | 34 | Fonctionnalités jugées limitées | 26 |
| Suivi du temps | 34 | Fonctions manquantes en gestion avancée | 19 |
| Interface conviviale | 32 | Courbe d’apprentissage | 18 |
| Collaboration d’équipe | 30 | Interface peu intuitive ou trop chargée | 13 |
| Automatisation des tâches | n.c. | Lenteurs sur les projets volumineux | 13 |
Une contradiction saute aux yeux : 32 avis louent une interface conviviale, 13 la trouvent trop chargée. Elle s’explique par le périmètre d’usage. Un utilisateur qui coche des tâches et saisit ses heures trouve l’outil clair. Un chef de projet qui paramètre des Blueprints et des rapports personnalisés affronte une tout autre complexité. Le grief « fonctionnalités limitées », en tête des reproches, concerne surtout la personnalisation fine et la gestion des ressources, qui reste une extension à activer plutôt qu’un module natif.
Tarifs de Zoho Projects en 2026

La grille officielle en août 2026, en facturation annuelle.
Les montants ci-dessous sont exprimés par utilisateur et par mois, en facturation annuelle. Une facturation mensuelle existe, à un tarif supérieur. Zoho affiche ses prix en dollars, y compris sur sa page française.
| Formule | Prix par utilisateur | Utilisateurs | Projets | Ce que la formule débloque |
|---|---|---|---|---|
| Free | 0 $ | 5 maximum | 3 | Tâches, sous-tâches, tableau blanc, 5 Go, applications mobiles |
| Premium | 4 $ | Sans minimum | Illimités | Statuts et affichages personnalisés, Blueprint de tâche, budget de projet et EVM |
| Enterprise | 9 $ | Sans minimum | Illimités | Extension Ressources, profils, rôles et champs personnalisés, 10 lecteurs offerts |
| Ultimate | 14 $ | Sans minimum | Illimités | 15 Go par utilisateur, 150 Go minimum par organisation, 100 lecteurs offerts |
| Projects Plus | Sur devis | Nous consulter | Illimités | Offre groupée avec Sprints, Analytics et WorkDrive |
L’absence de minimum d’utilisateurs est un vrai avantage, et il est rare. Beaucoup d’éditeurs imposent trois, cinq ou dix licences, ce qui multiplie le ticket d’entrée réel. Chez Zoho, une équipe de trois personnes paie 12 $ par mois sur Premium, ni plus ni moins.
Deux réserves cependant. La première : le plafond de 3 projets sur la formule gratuite est vite atteint, plus vite que la limite de 5 utilisateurs. La seconde : la gestion des ressources est une extension de la formule Enterprise, pas une fonction du socle. Si le plan de charge est votre besoin premier, vérifiez ce point pendant l’essai plutôt que de le découvrir après.
Avantages et inconvénients
| Ce que l’on aime | Ce que l’on apprécie moins |
|---|---|
| Un rapport fonctionnalités/prix sans équivalent : Gantt, chemin critique et EVM dès 4 $ | Une densité d’information élevée qui rend les écrans difficiles à lire au début |
| Aucun minimum d’utilisateurs, contrairement à la plupart des concurrents | Une courbe d’apprentissage réelle, une à deux semaines pour être à l’aise |
| L’interface est disponible en français, comme le site et le support | Des lenteurs signalées sur les projets volumineux et sur l’application mobile |
| L’intégration native avec Zoho CRM, Books, Invoice, Desk et People | La gestion des ressources est une extension Enterprise, pas une fonction du socle |
| Les Blueprints, qui formalisent un processus au lieu d’un simple statut | Le plan gratuit plafonne à 3 projets, une limite atteinte très vite |
| Un essai de 15 jours sans carte bancaire et un import depuis Jira, Basecamp et MS Project | Des prix affichés en dollars, y compris sur la page française |
Notre avis sur Zoho Projects
Zoho Projects est probablement le meilleur rapport fonctionnalités/prix du marché de la gestion de projet, et ce n’est pas un compliment en demi-teinte. Peu d’outils proposent un chemin critique, des processus formalisés et un calcul de valeur acquise pour le prix d’un abonnement de streaming. Pour une PME qui veut structurer son pilotage sans budget de licence à cinq chiffres, c’est une option à examiner sérieusement, au même titre que les solutions de notre comparatif des logiciels de gestion de projet.
Ce rapport a une contrepartie, et elle est ergonomique. Zoho privilégie systématiquement la fonction sur la lisibilité. Là où ClickUp ou monday.com investissent dans le confort visuel, Zoho ajoute une colonne. Ce choix convient aux équipes qui aiment maîtriser leur outil, il rebute celles qui veulent une adoption immédiate.
Notre note est de 8/10. Elle serait plus haute sans deux réserves précises : les performances qui se dégradent sur les gros portefeuilles, et la gestion des ressources reléguée au rang d’extension alors qu’elle est devenue un besoin standard du suivi de projet.
En bref : le choix rationnel si le budget compte et si vous acceptez d’investir deux semaines dans la prise en main, un choix discutable si votre équipe attend un outil séduisant dès le premier écran. Pendant les 15 jours d’essai, testez en priorité deux choses : la vitesse d’affichage sur votre plus gros projet, et le paramétrage d’un Blueprint sur votre processus le plus fréquent. Ce sont les deux points où l’outil se révèle, en bien comme en mal.



