Teamwork.com n’est pas un énième outil de gestion de projet généraliste. L’éditeur irlandais, fondé à Cork en 2007 par Peter Coppinger et Daniel Mackey, a passé les dernières années à se recentrer sur un public très précis : les agences, les ESN et les cabinets de conseil qui facturent leur temps à des clients. La promesse affichée sur sa page d’accueil ne laisse aucune ambiguïté : « la plupart des outils suivent le travail, nous le rendons rentable ».
Cette spécialisation a un prix. Sur G2, la plateforme affiche 4,4/5 pour 1 214 avis, mais son entrée de gamme impose un minimum de 3 utilisateurs, ce qui porte la facture réelle à 29,97 $ par mois et non à 9,99 $ comme le laisse croire la grille tarifaire.
Nous avons repris ce test de fond en comble : ce que l’outil sait vraiment faire, ses intégrations, sa grille 2026 et les limites à connaître avant de signer.
Alternatives à Teamwork.com
Présentation de Teamwork.com

La page d’accueil affiche clairement le positionnement : projets, ressources et données financières au même endroit.
L’outil s’appelait « Teamwork Projects » à son lancement. Il porte aujourd’hui le nom de son domaine, Teamwork.com, et se présente comme une plateforme de PSA (Professional Services Automation) plutôt que comme un simple logiciel de gestion de projet. La nuance n’est pas cosmétique : un outil de gestion de projet vous dit où en est une tâche, un outil de PSA vous dit combien cette tâche vous a coûté et ce qu’elle vous a rapporté.
Concrètement, Teamwork.com articule quatre briques dans une seule interface : la gestion des projets et des tâches, le suivi du temps, la gestion des ressources et la partie financière (budgets, taux horaires, rentabilité, facturation). C’est cette dernière brique qui le distingue de la plupart des concurrents de notre comparatif des logiciels de gestion de projet.
| Critère | Teamwork.com |
|---|---|
| Éditeur | Teamwork.com, Cork (Irlande) |
| Création | 2007 |
| Catégorie | Gestion de projet et PSA (services professionnels) |
| Cible principale | Agences, ESN, cabinets de conseil, équipes qui facturent au temps |
| Prix d’entrée | 0 $ (5 utilisateurs) puis 9,99 $ par utilisateur et par mois |
| Essai gratuit | 14 jours, sans carte bancaire |
| Interface en français | Non, interface en anglais |
| Note G2 | 4,4/5 (1 214 avis) |
| Notre note | 7,5/10 |
À qui s’adresse Teamwork.com ?
Le profil idéal est facile à décrire : une structure de 10 à 200 personnes qui vend du temps. Agence web, agence de communication, cabinet de conseil, société de services informatiques, studio créatif. Ces organisations partagent le même problème, celui que Teamwork.com adresse frontalement : elles savent livrer, mais elles ne savent pas toujours si le projet livré a été rentable.
L’outil convient particulièrement bien si vous cochez au moins trois de ces cases :
- Vous facturez au temps passé, en régie ou au forfait avec suivi de la consommation
- Vous gérez plusieurs clients en parallèle et vous avez besoin de cloisonner leurs accès
- Vous devez arbitrer la charge entre des profils aux taux horaires différents
- Vous voulez une facturation adossée au temps réellement consommé plutôt qu’à un forfait figé
- Votre direction réclame une marge par projet, pas seulement un taux d’avancement
À l’inverse, Teamwork.com est surdimensionné pour un usage interne. Une équipe produit, un service marketing intégré ou une DSI qui ne refacture rien paieront pour une couche financière qu’ils n’utiliseront jamais. Dans ce cas, un outil plus généraliste de notre sélection de logiciels de gestion des tâches fera le même travail pour moins cher. Point de vigilance supplémentaire pour les équipes françaises : l’interface n’est disponible qu’en anglais, ce qui exclut de fait les profils non anglophones.
Les fonctionnalités clés de Teamwork.com
1. La planification des ressources
C’est le cœur du réacteur et la raison principale de choisir cet outil. La vue Schedule affiche qui est chargé, sur quoi, et surtout ce que cette charge représente en revenu potentiel.

La vue Schedule croise disponibilité, allocation et revenu potentiel sur la même ligne. Capture issue d’une démonstration officielle d’octobre 2025.
Le bandeau supérieur est ce qui manque à la plupart des concurrents : 1 268 heures disponibles, 228 heures allouées, 22 300 $ de revenu potentiel. Vous ne lisez pas seulement un taux d’occupation, vous lisez sa traduction économique. Un diagramme de Gantt classique vous dit que Chase est occupé jusqu’au 15, cette vue vous dit qu’il est occupé à 37 heures sur 40 et que cela génère tel montant.
2. Le suivi de l’utilisation et de la facturabilité
Le rapport Utilization compare, pour chaque personne, l’objectif de facturabilité et la réalité mesurée.

Objectif facturable, utilisation réelle et écart, personne par personne.
Chaque ligne oppose un objectif facturable (80 %, 85 %, 95 % selon le rôle) au taux réellement atteint. Les cellules passent au rouge dès que l’écart se creuse. Pour un directeur d’agence, c’est l’indicateur qui permet d’anticiper un trou de charge trois semaines avant qu’il ne se voie dans la trésorerie. Ce type de suivi complète utilement un tableau de bord projet centré sur l’avancement.
3. Les automatisations
Teamwork.com propose une bibliothèque de règles « si ceci, alors cela » organisée par déclencheur.

Les automatisations sont classées par déclencheur : création de tâche, avancement, assignation, échéance.
Les modèles couvrent les cas courants : changer un responsable à la création d’une tâche, notifier une équipe quand l’avancement dépasse un seuil, générer des sous-tâches depuis un modèle. Le volume autorisé dépend directement de la formule, et l’écart est considérable : 100 automatisations sur le plan gratuit contre 20 000 sur Accelerate.
4. Le suivi du temps et la facturation
Le chronomètre est intégré à chaque tâche, et chaque heure saisie porte deux attributs : facturable ou non, et à quel taux. C’est ce double marquage qui alimente tout le reste, du calcul de marge à la génération de facture. Une agence peut ainsi passer d’un relevé d’heures à une facture client sans ressaisie, à condition d’être sur une formule Accelerate ou supérieure.
5. Les budgets et la rentabilité
Deux types de budgets coexistent : le budget en temps (un forfait de 40 heures par mois pour un client sous contrat de maintenance) et le budget financier, en devise. Les formules Optimize et Enterprise ajoutent le multidevise et les indicateurs de coût, de revenu et de marge par projet. C’est ce niveau qui rapproche l’outil d’un vrai suivi de rentabilité, et non d’un simple suivi de projet.
Les intégrations disponibles
Teamwork.com ne cherche pas à remplacer votre stack, il s’y branche. Les connecteurs les plus travaillés sont ceux qui alimentent la chaîne commerciale et la communication d’équipe.

Les intégrations ne se limitent pas à une synchronisation : elles se pilotent comme des automatisations.
La capture ci-dessus montre bien la logique retenue. L’intégration HubSpot ne se contente pas de synchroniser des contacts, elle déclenche la création d’un projet quand une affaire change d’étape dans le CRM. C’est le chaînon manquant entre l’avant-vente et la production, et c’est rare à ce niveau de prix. Côté communication, Slack et Microsoft Teams reçoivent les notifications d’échéance, d’assignation et de création de tâche dans le canal de votre choix.
L’écosystème couvre également Google Workspace, Dropbox, QuickBooks pour la comptabilité, Salesforce et NetSuite sur les formules hautes, ainsi que Zapier pour tout le reste. Un import en un clic est prévu depuis Wrike, Asana, Basecamp, ClickUp, Trello et monday.com, ce qui limite le coût de migration.
Une réserve toutefois : l’API est jugée restrictive par plusieurs développeurs, avec une limite de 150 appels par minute sur les formules Free à Accelerate. Elle ne monte à 300 puis 500 appels que sur Optimize et Enterprise. Si vous prévoyez des synchronisations lourdes avec un système maison, vérifiez ce point avant de vous engager.
Prise en main et ergonomie
C’est le sujet sur lequel les avis se contredisent le plus, et cette contradiction est instructive. Une partie des utilisateurs décrit une interface intuitive, prise en main en quelques heures. Une autre partie évoque une courbe d’apprentissage réelle et un paramétrage initial complexe.
Les deux camps ont raison, parce qu’ils ne parlent pas de la même chose. Créer un projet et des tâches est simple. Configurer des taux horaires par rôle, des budgets par client, des objectifs de facturabilité et des règles d’automatisation demande en revanche une vraie réflexion en amont, et souvent l’aide de l’éditeur. Teamwork.com inclut d’ailleurs une formation par ses experts dans toutes les formules, ce qui en dit long sur le temps de mise en route attendu.
Comptez deux à quatre semaines entre l’ouverture du compte et une utilisation qui produit des données financières fiables. Les autres reproches récurrents portent sur des ralentissements en cas d’usage intensif et sur une dépendance complète à la connexion, l’application n’offrant pas de mode hors ligne exploitable.
Ce que disent les utilisateurs
| Plateforme | Note | Nombre d’avis |
|---|---|---|
| G2 | 4,4/5 | 1 214 |
| Trustpilot | 3,2/5 | 62 |
Notes relevées le 13 août 2026.
L’écart entre les deux plateformes mérite une explication. G2 recueille des avis d’utilisateurs professionnels sur le produit lui-même, et la note de 4,4/5 sur plus de 1 200 avis est solide. Trustpilot capte davantage l’expérience commerciale et le service client, sur un volume dix-neuf fois plus faible. Les griefs qui y remontent concernent surtout la facturation et les conditions de résiliation, pas les fonctionnalités.
Les points forts qui reviennent le plus souvent : le suivi détaillé des tâches et des échéances, la collaboration client, et surtout le couple suivi du temps et facturation, systématiquement cité par les agences. Les reproches les plus fréquents : les ralentissements sous charge, les limites du plan gratuit, et la complexité de configuration évoquée plus haut.
Tarifs de Teamwork.com en 2026

La grille affichée en août 2026, en facturation annuelle.
Teamwork.com a remanié sa grille en 2026. Les anciennes formules Deliver, Grow et Scale ont disparu au profit de cinq niveaux. Les prix ci-dessous sont exprimés par utilisateur et par mois, en facturation annuelle. La facturation mensuelle coûte environ 29 % de plus.
| Formule | Prix par utilisateur | Minimum d’utilisateurs | Coût mensuel réel minimum | Projets | Automatisations |
|---|---|---|---|---|---|
| Free | 0 $ | 5 maximum | 0 $ | 5 | 100 |
| Basics | 9,99 $ | 3 | 29,97 $ | 300 | 5 000 |
| Accelerate | 24,99 $ | 5 | 124,95 $ | 600 | 20 000 |
| Optimize | Sur devis | Nous consulter | Sur devis | Illimités | 100 000 |
| Enterprise | Sur devis | Nous consulter | Sur devis | Illimités | 100 000 |
La colonne « coût mensuel réel minimum » est celle qu’il faut lire en priorité, car c’est elle qui réserve les mauvaises surprises. Le plan Basics est annoncé à 9,99 $, mais il impose trois licences minimum. Accelerate, la formule qui débloque la planification de charge et la facturation client, en impose cinq : le ticket d’entrée réel est donc de 124,95 $ par mois, soit près de 1 500 $ par an.
Deux points de vigilance avant de signer :
- La rentabilité est réservée aux formules sur devis. Les indicateurs de marge, le multidevise et la planification prévisionnelle des ressources n’apparaissent qu’à partir d’Optimize. Or c’est précisément l’argument de vente de l’outil.
- L’IA devient payante en septembre 2026. TeamworkAI et ses assistants (Scout, Flo, Remi, Kash, Jack) sont inclus pendant une période d’introduction. Le passage à des crédits facturés à l’usage est annoncé pour ce mois-ci, sans grille publique à ce jour.
L’essai gratuit dure 14 jours et ne demande pas de carte bancaire, ce qui reste la meilleure façon de trancher.
Avantages et inconvénients
| Ce que l’on aime | Ce que l’on apprécie moins |
|---|---|
| La couche financière native : marge, taux horaires, facturabilité, sans passer par un tableur | Interface uniquement en anglais, rédhibitoire pour certaines équipes |
| La vue Schedule qui traduit la charge en revenu potentiel | Les indicateurs de rentabilité sont réservés aux formules sur devis |
| L’intégration HubSpot qui crée un projet depuis une affaire gagnée | Le minimum de 3 puis 5 utilisateurs gonfle le prix affiché |
| Le suivi du temps facturable intégré à chaque tâche | Un paramétrage initial long, deux à quatre semaines avant des données fiables |
| Un essai de 14 jours sans carte bancaire et un import en un clic depuis 6 outils | Une API limitée à 150 appels par minute avant les formules hautes |
| Une note de 4,4/5 sur plus de 1 200 avis G2 | Des ralentissements signalés en usage intensif et aucun mode hors ligne |
Notre avis sur Teamwork.com
Teamwork.com fait partie de ces outils qu’il faut choisir pour une raison précise, ou pas du tout. Cette raison, c’est la rentabilité par projet. Si vous dirigez une agence ou un cabinet et que vous ne savez pas aujourd’hui quels clients vous font gagner de l’argent, l’outil résout un vrai problème, et il le résout mieux que la plupart de ses concurrents généralistes.
Si ce besoin n’est pas le vôtre, l’équation se dégrade vite. Vous paierez plus cher qu’un monday.com ou qu’un ClickUp pour des fonctions de gestion de projet équivalentes, dans une interface anglophone et avec un paramétrage plus lourd. La couche financière ne se justifie que si quelqu’un, dans l’organisation, a pour mission de la regarder.
Notre note est de 7,5/10. Elle serait plus haute sans deux réserves : le verrouillage des indicateurs de marge derrière des formules sur devis, alors qu’ils constituent l’argument central du produit, et l’absence d’interface française sur un outil vendu en Europe.
En bref : excellent pour les structures qui vendent du temps et veulent enfin mesurer leur marge, à écarter pour un usage purement interne. Profitez des 14 jours d’essai pour vérifier un point précis avant de vous engager, la remontée de vos taux horaires réels dans le rapport d’utilisation. Si cette étape se passe bien, le reste suivra.



