Si vous cherchez Clarizen en 2026, vous cherchez un produit qui n’existe plus sous ce nom. Racheté par l’américain Planview en février 2021, l’outil israélien de gestion de projet d’entreprise s’appelle désormais Planview AdaptiveWork, et il a changé plus que d’étiquette : intégré à une gamme complète de solutions de pilotage, il s’est doté en 2026 d’une couche d’IA baptisée Anvi, avec agents et analyse de risques.
Notre ancien test décrivait encore le Clarizen d’avant le rachat. Le voici entièrement réécrit : ce qu’est devenu l’outil, ses vraies forces en gestion de portefeuille, et ce qu’il faut savoir avant de demander une démo, car ici, tout se joue sur devis.
Alternatives à Planview AdaptiveWork
De Clarizen à Planview AdaptiveWork

La page française assume la filiation : « Planview AdaptiveWork (anciennement Clarizen) », avec l’IA en tête d’affiche.
Fondé en Israël en 2006, Clarizen s’était taillé une solide réputation dans la gestion de projet d’entreprise : celle des PMO, des DSI et des organisations qui gèrent des centaines de projets sous contraintes de gouvernance. Planview, éditeur texan spécialisé dans le pilotage de portefeuilles, l’a racheté en même temps que Changepoint, opération finalisée le 23 février 2021, puis a rebaptisé Clarizen One en Planview AdaptiveWork.
Le produit occupe une place précise dans la gamme : AdaptiveWork est la brique d’exécution des projets et portefeuilles complexes, entre Planview Portfolios (l’arbitrage stratégique des investissements), AgilePlace (les flux agiles et kanban) et ProjectPlace (la collaboration d’équipe). Planview figure parmi les leaders du Magic Quadrant 2026 de Gartner consacré à la gestion de projet adaptative et au reporting, un argument que l’éditeur affiche en bandeau sur toutes ses pages.
| Critère | Planview AdaptiveWork |
|---|---|
| Éditeur | Planview (Austin, Texas) ; produit ex-Clarizen racheté en 2021 |
| Catégorie | Gestion de projets et de portefeuilles d’entreprise (PPM) |
| Cible principale | PMO, DSI, R&D, sociétés de services, grandes organisations |
| Prix | Sur devis uniquement, pas de grille publique |
| Essai | Pas d’essai libre-service, démo sur demande |
| Interface en français | Oui, français pris en charge |
| Note Capterra | 4,3/5 (175 avis) |
| Notre note | 7/10 |
À qui s’adresse Planview AdaptiveWork ?
Soyons directs : AdaptiveWork n’est pas un outil d’équipe, c’est un outil d’organisation. Son terrain de jeu commence là où les plateformes collaboratives s’essoufflent : des dizaines de chefs de projet, des centaines de ressources partagées, des processus de demande formalisés et une direction qui exige une consolidation financière fiable.
Trois profils y trouvent leur compte. Le PMO d’abord, qui centralise les demandes entrantes, standardise les modèles de projets et pilote des portefeuilles selon plusieurs modes de livraison, cycle en V, agile, Stage-Gate ou hybride. Les DSI et directions de la transformation ensuite, pour les programmes longs à forte gouvernance. Les sociétés de services enfin, qui relient projets clients, temps passés et facturation.
À l’inverse, une équipe de 15 personnes qui veut organiser son quotidien n’a rien à faire ici : pas d’essai libre-service, un déploiement qui se compte en semaines, un paramétrage qui réclame un administrateur. Pour ce besoin, les outils de notre comparatif des logiciels de gestion de projet seront opérationnels le jour même.
Les fonctionnalités clés d’AdaptiveWork
1. Le portefeuille et les statuts en un écran

La vue portefeuille : statuts rouge-orange-vert, budgets, jalons et fiche projet avec ressources. Capture issue des démonstrations officielles de juin 2026.
L’écran central liste les projets avec leurs indicateurs de santé, budget, importance, dates et charge de travail, et ouvre chaque fiche projet avec ses ressources, ses suiveurs et son historique. C’est la matérialisation de ce que nous décrivons dans notre guide de la gestion de portefeuille de projets : une lecture unique, du portefeuille à la tâche.
2. Les workflows et la gestion des demandes
La force historique de Clarizen est intacte : tout objet, projet, tâche, demande, risque, suit un cycle de vie configurable avec règles métier, approbations et automatisations. Les demandes entrantes sont qualifiées, évaluées puis converties en projets ou en activités selon des circuits que le PMO définit sans code. C’est ce moteur qui permet d’imposer un processus homogène à toute une organisation.
3. Les ressources et la capacité
L’outil croise disponibilité, compétences et affectations pour construire un vrai plan de charge multi-projets : qui est saturé, quelle équipe peut absorber la prochaine initiative, quel arbitrage libère une ressource critique. Un niveau de gestion des ressources que seuls les outils de cette catégorie atteignent, gestion financière comprise : budgets, coûts réels, temps saisis et prévisions vivent au même endroit que le planning.
4. Anvi, l’IA de Planview

Anvi répond en langage naturel : « quels projets sont à risque et dus dans le mois ? ». Démo officielle, juin 2026.
Déployée en 2026, Anvi est la couche d’IA transverse de Planview. Dans AdaptiveWork, elle répond aux questions posées sur les données réelles du portefeuille, rédige des synthèses exécutives, analyse le sentiment des commentaires de projets pour détecter les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des dérives, et classe les ressources selon leur adéquation à une mission. Une approche qui prolonge ce que nous préconisons dans notre méthode de management des risques : détecter tôt, plutôt que constater tard.

Un agent Anvi compile chaque lundi matin les priorités classées par importance et par statut.
Les agents Anvi vont un cran plus loin : des routines nommées, « Monday Routine Check », agent de briefing exécutif, qui compilent automatiquement l’état du portefeuille et le restituent classé par priorité. C’est l’équivalent automatisé du rapport d’avancement hebdomadaire.
5. Le reporting multi-niveaux
Tableaux de bord par projet, par portefeuille et par direction, rapports croisés sur les finances, la charge et les risques, exports vers la BI : le reporting a toujours été un argument de vente de l’outil, et il alimente naturellement le suivi de projet à l’échelle de l’entreprise.
Les intégrations disponibles
AdaptiveWork se connecte aux systèmes que l’on trouve dans son environnement cible : Jira pour synchroniser l’exécution des équipes techniques, Salesforce pour transformer les opportunités gagnées en projets, ServiceNow, SharePoint, Teams et Slack côté flux de travail, plus les intégrations internes à la gamme Planview. Une API complète et des connecteurs configurables couvrent le reste.
La logique n’est pas celle d’un catalogue grand public mais celle d’un déploiement d’entreprise : les intégrations structurantes se paramètrent pendant le projet de mise en œuvre, souvent avec l’aide de l’éditeur ou d’un intégrateur partenaire.
Prise en main et ergonomie
L’interface, disponible en français, a été modernisée depuis l’ère Clarizen et Anvi la rend plus accessible : poser une question remplace parfois la construction d’un rapport. Il faut néanmoins être honnête sur la nature de l’outil : AdaptiveWork se déploie comme un progiciel, pas comme une app SaaS que l’on adopte en une pause déjeuner. Comptez un projet de mise en œuvre avec ateliers de configuration, reprise de données et conduite du changement, et un référent interne formé pour l’administrer dans la durée. C’est le prix de la gouvernance qu’il apporte, et les organisations qui l’assument en tirent un système durable.
Ce que disent les utilisateurs

Les distinctions affichées par l’éditeur au printemps 2026 : High Performer G2 et Top Rated TrustRadius.
Sur Capterra, AdaptiveWork affiche 4,3/5 pour 175 avis, relevé du 15 juillet 2026, avec une facilité d’utilisation notée 4,0, le critère le plus bas, ce qui est cohérent avec le positionnement. La fiche G2 n’affichait pas de note lisible au moment de notre relevé ; l’éditeur y revendique les badges High Performer et Best Support Enterprise du printemps 2026.
| Ce qui est loué | Ce qui est reproché |
|---|---|
| La profondeur PPM : demandes, portefeuilles, finances, ressources | Une prise en main exigeante, réservée à des utilisateurs formés |
| Les workflows configurables qui épousent les processus internes | Un paramétrage initial lourd, souvent accompagné |
| Le reporting consolidé multi-niveaux | Aucune transparence tarifaire publique |
| Le support, distingué par les badges 2026 | Une interface fonctionnelle mais datée face aux outils récents |
Tarifs de Planview AdaptiveWork en 2026
C’est la section la plus courte de ce test, et c’est déjà une information : il n’existe aucune grille tarifaire publique. Pas de page de prix, pas d’essai gratuit en libre-service, pas de carte bancaire : tout passe par un échange commercial, un dimensionnement et un devis, fonction du nombre d’utilisateurs, des modules et du périmètre de déploiement.
Certains comparateurs évoquent un ordre de grandeur autour de 55 $ par utilisateur et par mois : traitez ce chiffre comme une rumeur de marché, pas comme un tarif officiel, l’éditeur ne le confirme nulle part. Deux conseils pratiques pour la négociation : faites chiffrer séparément les licences, la mise en œuvre et les intégrations, et exigez un périmètre Anvi écrit noir sur blanc, l’IA étant l’argument commercial du moment.
Avantages et inconvénients
| Ce que l’on aime | Ce que l’on apprécie moins |
|---|---|
| Un vrai PPM d’entreprise : demandes, portefeuilles, ressources, finances | Prix sur devis uniquement, comparaison difficile |
| Les workflows et cycles de vie configurables sans code | Pas d’essai libre-service pour se faire une idée |
| Anvi : questions en langage naturel, sentiment, agents de briefing | Un déploiement de type progiciel, en semaines |
| Multi-méthodes : cycle en V, agile, Stage-Gate, hybride | Surdimensionné pour les équipes de moins de 50 personnes |
| Interface en français et intégrations Jira, Salesforce, ServiceNow | L’ergonomie en retrait des plateformes collaboratives modernes |
| La reconnaissance analystes : Magic Quadrant 2026, badges G2 | La marque Clarizen a disparu, ce qui brouille les recherches |
Notre avis sur Planview AdaptiveWork
Le rachat par Planview a clarifié ce que Clarizen était déjà : un outil de gouvernance de portefeuille, pas une plateforme collaborative de plus. Dans son couloir, il est excellent, et Anvi lui redonne de l’avance : l’analyse de sentiment sur les commentaires de projets et les agents de briefing sont des fonctions que peu de concurrents directs proposent aujourd’hui, comme le montre notre comparatif des logiciels PPM.
Notre note de 7/10 reflète un produit fort dans un modèle commercial contraignant. Le manque de transparence tarifaire et l’absence d’essai libre-service sont assumés par l’éditeur, mais ils privent l’acheteur de tout point de comparaison rapide, et ils excluent de fait les organisations moyennes qui auraient la maturité pour l’outil sans avoir l’équipe achats pour le processus.
En bref : si vous êtes un PMO ou une DSI avec des centaines de projets, des processus de demande à industrialiser et un besoin de consolidation financière, AdaptiveWork mérite sa place dans votre short-list, face à Planview Portfolios lui-même et aux PPM concurrents. Si vous hésitez entre AdaptiveWork et une plateforme collaborative comme Wrike ou monday.com, c’est probablement que vous n’avez pas encore le problème qu’AdaptiveWork résout.



